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NADIE SE
FUE
2004, 97 min.— documentaire français.
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LA PELICULA (IDIOMA : CASTELLANO)
« Nadie se fue »,
littéralement « personne n’est parti »,
est un voyage au pays du libéralisme déchu,
en Argentine, deux ans après la crise économique
et les émeutes spectaculaires des 19 et 20 décembre
2001 qui virent la population descendre dans la rue au cri
de « qu’ils s’en aillent tous », sous-entendus
patrons véreux, hommes politiques corrompus, juges,
militaires, etc.
Le bilan de ces deux journées
d’émeutes ne s’est pas seulement soldé
par une quarantaine de morts du côté du peuple
et par la démission du président de la nation.
On avait comme l’impression que la trahison était
si grande que rien ne serait plus jamais comme avant, que
le coup du libéralisme économique, on ne pourrait
jamais plus le refaire, ici en Argentine, du moins. De fait,
si l’économie de marché a très
vite repris ses droits dans le pays, les journées et
les mois qui ont suivi ces évènements ont accessoirement
vu l’émergence de luttes sociales particulièrement
intenses et innovantes.
Dans les quartiers, des solidarités
se sont construites et des centaines d’ « assemblées
populaires » ont été créées,
avec pour mode de fonctionnement l’horizontalité
dans la prise des décisions. Beaucoup de travailleurs
ont récupéré les entreprises, qui les
avaient précédemment licenciées, pour
en reprendre la production, sous contrôle ouvrier ou
sous forme de coopératives améliorées.
Le film ne s’attarde
pas sur les raisons qui ont mené le pays à la
faillite (privatisations, corruption, endettement…)
mais sur ceux qui se sont organisés face à la
situation dans un pays en crise où la résignation
et l’individualisme priment. Les discours se croisent,
souvent plein de combativité, d’enthousiasme
et d’inventivité mais aussi de contradictions.
Petit à petit, alors
que le pays revient au calme et les citoyens aux urnes, le
mouvement social s’institutionnalise. Des représentants
de l’Etat commencent à s’intéresser
aux branches les plus dociles pendant que ceux qui se maintiennent
dans la radicalité sont condamnés à la
marginalisation. On pressent que ceux qui détiennent
le pouvoir ne seront pas inquiétés par ce mouvement
social et qu’ils parviendront sans difficulté
à expurger ce qu’il peut contenir de subversif
et de prometteur. Mais, finalement, ce qui importe le plus,
c’est qu’une fois encore, dans des lieux plus
ou moins grands et sur un temps plus ou moins long, on aura
su dire « non » et s’organiser conséquemment,
ensemble. Ce sont ces moments-là qui sont intenses,
ceux-là mêmes qu’on n’oublie jamais.
Avec :
Carissa, Mario et Ana de la
coopérative IMPA (métallurgie)
Paola et Javier de l’assemblée populaire de Haedo.
Teo et kike du centre social « las Malvinas ».
Natcho et Fabio du MNER (Mouvement National des Entreprises
Récupérées).
Placio et Candido de la coopérative Chilavert, imprimerie.
Eva, Gladys et Paula de l’hôtel récupéré
Bauen.
Delicia, ouvrière de l’usine Brukman.
Fabio, Gustavo et Paco, ouvriers de l’usine de céramique
Zanon.
Contact : nadiesefue@sur-le-champ.org
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